14 novembre 2005 : dans les senos chiliens

[diaporama des photos du jour] [programme du jour] [carte du sud de la Patagonie]

 

9H : épave14 novembre 2005 à 9H après le petit déjeuner : ciel très, très beau. Je me suis réveillé plusieurs fois cette nuit et me suis levé vers 6H pour aller sur le pont... euh... faire des photos juste quand le soleil apparaissait au dessus des montagnes. Là, il y a 5 minutes, nous venons de passer juste [enfin... pas trop quand même...] à côté  d'une épave très belle : seule l'arrière basculée sur tribord est visible ; le pont rouillé ainsi que tous les apparaux sont parfaitement visibles et s'harmonisent bien, je trouve, avec l'environnement. C'est le capitaine du Santa Leonor qui a dit à son timonier "allright" et celui-ci a compris "all  right" et a donc viré à droite pour se planter sur Isla  Isabel dans la Shoal Pass du canal Smyth

Pendant le petit déjeuner, Christelle m'a raconté que le MS Nordkapp, sister-ship du MS Nordnorge, traverse actuellement le Passage de Drake sur une mer en furie : tout le monde est malade... les conférences sont annulées.

Là, sur tribord, c'est très, très beau... dommage que ce soit le côté à contre jour. 9H12 ; 15 nœuds au 344° ; nous allons entamé notre navigation sur le canal Smith.


 

9H40 : le Mont Burney et des brassemers cendrés Un peu plus tard vers 9H40, nous passons devant le Mont Burney, 5800 pieds, le volcan actif le plus méridional du continent. Nous avons une très grande chance de le voir si bien selon des membres du "staff". D'habitude, quand on l'aperçoit, c'est juste pendant quelques secondes entre 2 bancs de nuages. De plus, la surface du canal Smith est lisse comme un miroir et le reflet du Mont Burney et des montagnes environnantes est vraiment très, très beau. De plus [bis... on est vraiment gâté], 2 oiseaux "rayent" le miroir de leurs sillages. J'ai d'abord pensé à de jeunes oiseaux qui n'ont pas encore bien assimilé les bases du décollage. Ce n'est que ces derniers jours de mi-février 2006 alors que je saisis ces lignes, qu'en lisant le blog d'une américaine qui a navigué à bord du MS Nordnorge fin décembre, j'ai appris l'existence du steamerduck [rien à voir avec la vapeur... enfin j'pense pas] ou brassemer en français. Ce brassemer porte bien son nom car il s'agit d'une sorte de canard, lourd et aux courtes ailes. Il y a le brassemer cendré [flightless steamerduck en anglais] qui ne vole pas et le brassemer de Patagonie [flying steamerduck] qui lui arrive à voler. Là apparemment, il s'agit de 2 brassemers cendrés car ils n'ont vraiment pas l'air de pouvoir... le prendre [l'air] et se contentent de "courir" sur l'eau en battant des ailes... en brassant donc la mer.

10p0 toujours sur le canal Smith ; nous venons de croiser le premier cargo, un porte-conteneurs, depuis le début de notre navigation dans les senos de Patagonie. 11H40, en face de nous, une chaîne de montagnes très hautes. Dommage que ce soit plus ou moins à contre-jour mais bon, le soleil est quand même assez haut maintenant et pas aussi gênant que plus tôt ce matin. Apparemment, ces sommets sont recouverts d'une épaisse calotte de glace et on aperçoit, semble-t-il, des corniches très épaisses sur les crêtes soumises au vent humide venant du Pacifique. C'est très, très beau avec au premier plan, la mer, puis des collines dont les versants visibles sont encore à l'ombre puis plus loin les hautes montagnes mieux éclairées.


 

midi : cornichesA midi, 15 à 16°C, par 51°53' sud et... rhaaa... ça vient de disparaître de l'écran... on file à 16 nœuds. En croisant Herta, une des conférencières, biologiste, je lui montre sur l'écran de mon apn 2 des photos d'oiseaux que j'ai prises hier hier du côté du Seno Otway. Elle m'indique gentiment de quels oiseaux il s'agit : un austral negrito [lessonie noire] dont j'aime bien les couleurs et l'expression... même si je l'ai pris de dos, et une famille de crusted ducks [canard huppé]. Merci beaucoup Herta ;)

15H, depuis ce matin, je n'ai pas vu une seule construction sur les rives des senos... c'est vraiment un désert... on a bien croisé ou doublé quelques pêcheurs sur leurs petites embarcations. Sur les rives, dès la laisse de mer, la forêt primitive règne sans partage jusqu'à une altitude assez faible en fait. Au dessus, des "alpages" où l'on voit beaucoup d'endroits sans végétation, juste la roche nue. Apparemment, il s'agit de calcaire avec des formes arrondies, érodées, grises.

18H15, ça y est, nous quittons le Skua Glacier, une langue glaciaire qui descend de la calotte Campo de hielo Sur. Le capitaine a fait faire la toupie au navire qui a bien du tourner 3 ou 4 fois sur lui-même et tout le monde a ainsi pu profiter à plusieurs moments d'un point de vue intéressant sur le glacier, son front et les collines avoisinantes. Le ciel est gris, l'eau encombrée de beaucoup de petits glaçons semble verte. C'est vraiment très différent des glaciers antarctiques. A peine a-t-on quitté le front du Skua Glacier, le brouillard tombe sur le seno.

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