4 novembre 2005 : vol et après-midi à Ushuaia

 

 

4 novembre 2005, 8H30 à l'aéroport après un petit tour en ville ; hier nous étions passé devant la Casa Rosada sur l'avenue 9 de julio, aujourd'hui nous passons devant la façade opposée où a lieu dans le parc jouxtant le palais présidentiel une calme manifestation contre la venue de G. Bush. Hier soir, sur toutes les chaînes argentines, il n'y en avait que pour l'arrivée de celui-ci retransmise en direct. La nuit à l'hôtel, assez bruyant en fait,  n'a pas été terrible. S'il faisait beau hier, le plafond est assez bas, gris, uniforme. Il a commencé à pleuvoir vers 4H ce matin.

entre Buenos-Aires et UshuaiaTout à l'heure, comme pour beaucoup d'autres passagers, le détecteur de métaux a réagi à mon passage mais bon, pas de problème : pas de poches à vider, de ceinture, chaussures à enlever. Pourquoi mettre un portique si ses réactions ne sont pas prises en compte par le personnel ?? Par contre, avant hier soir à Madrid, j'ai du enlever ma ceinture comme beaucoup de passagers.

Le vol vers Ushuaia se passe très bien ; on est loin de remplir l'avion et on peux se déplacer d'un côté à l'autre de la cabine. Le décollage de Buenos-Aires était prévu à 9H30 pour 3H40 de  vol mais étant partis en retard de B-A, nous atterrissons à Ushuaia à 13p0 après avoir survolé la côte atlantique pendant au moins les 2/3 du vol. Je pense avoir reconnu la péninsule de Valdez autour de laquelle on voyait beaucoup de "moutons" sur la mer... Etaient-ce des baleines ???


 

au bout de la TransAmericana13p0, atterrissage à Ushuaia dans la purée de pois ; il y a du vent et il pleut un peu mais c’est surtout le vent qui est gênant : après la chaleur presque estivale de B-A, ici c’est tout juste le printemps [7°C à l’atterrissage] et quelques passagers trop optimistes s’empressent de revêtir pulls et polaires dès qu’ils le peuvent. Avant d’embarquer ce soir à bord du MS Nordnorge, une excursion dans le parc national de Tierra del Fuego est au programme.

14H27, nous sommes sur une piste pour rejoindre le parc dont l’entrée se trouve à 8 km à l’ouest de la ville et on doit aller jusqu’à la frontière chilienne. Le plafond de nuages assez bas nous empêche de voir le sommet des montagnes mais on voit quand même les névés qui doivent se situer à quelques centaines de mètres d’altitude. C’est vraiment un paysage de moraines partout ; ça monte, ça descend,  une succession de petites buttes dont certaines servant de carrières nous permettent de voir leur “composition” de gravier et sable essentiellement. La piste passe au dessus de la Estaciòn Fin del Mundo de la petite ligne ferroviaire construite par les bagnards d’Ushuaia afin de transporter le bois qu’ils coupaient dans les vallées autour du bagne.

Quand nous arrivons à l’entrée du parc,  il neigeotte. On voit beaucoup de souches, restes des arbres abattus par les bagnards car ici, la forêt met énormément de temps à se reconstituer. Tout le long des rivages de ces contrées, on voit des petits tumulus de 1 à 2 m de haut, recouverts aujourd’hui de végétation bien sûr. Ce sont en fait des tas de coquilles des moules et autres coquillages que les indiens consommaient en grande quantité. Elles sont vraiment très repérables ces petites “déchetteries”.

 

au bout de la TransAmericanaLors de notre 1er arrêt, nous faisons une courte balade sur un sentier côtier sous les arbres rabougris dans une ambiance bizarre, mystérieuse, fantastique, je trouve : les bourgeons qui éclosent,  beaucoup de lichens,  beaucoup de “cheveux d'ange” qui pendent des branches des arbres, un amoncellement extraordinaire de mousses et humus au sol recouvrant des troncs et des branches tombés au sol. Ce ne doit pas être facile de progresser dans ces lieux en dehors du sentier !! Tout cela donne tout un nuancier de verts, du plus foncé avec les mousses à l'ombre au plus clair, plus "acidulé" avec les nouvelles feuilles, encore petites en passant par le vert... heu, comme le vert de gris des lichens. C'est vraiment très beau et on imagine facilement un film fantastique tourné dans ce décor.

En route, nous observons pas mal de carancas (ouettes marines), le mâle étant blanc et la femelle, brune, pratiquement noire ; des ibis également avec leur long bec recourbé. Nous passons le long du "lagon verde" qui mérite bien son nom. Le plafond de nuages s'élève lentement et on voit qu'il a neigé en altitude.

Cette piste est le bout du bout de la TransAmerica et au terminus nous sommes à 3 063 km de Buenos Aires et à 17 848 km de l'Alaska. Euh... je ne me suis pas fait photographier devant le panneau. Après ce panneau, 2 ouvriers argentins sirotent leur maté au pied de leur roulotte de chantier pendant une pause alors qu'ils sont en train de construire un cheminement en bois sur pilotis au-dessus des mousses , sphaignes et tourbes.

 

le MS NORDNORGELe MS Nordnorge est amarré au pier entre des grands chalutiers rouges. D'autres chalutiers, rouges également sont à quai de l'autre côté du môle. Nous devons descendre du car à l'entrée du pier pour passer un contrôle identique à ceux des aéroports. Pas de soucis particuliers tout comme les formalités de l'embarquement à bord du MS Nordnorge : présentation du passeport et un sourire devant une webcam et quelques secondes plus tard, si la photo nous convient, une carte à code barre personnalisée nous est remise. Cette carte permettra ensuite de savoir qui est à bord, qui est à terre... et accessoirement [quoique...], enregistrer nos dépenses à bord. Il ne faudrait vraiment pas oublier un passager parmi les manchots.

Un recueil de plus de 150 pages abordant la géographie, la faune, les mesures à respecter pour aborder l'Antarctique, etc. et une parka bleue nous attendent dans notre cabine. Nous sommes par 55° sud et début novembre mais du fait des montagnes la nuit arrive encore assez tôt et je me couche assez vite à 21H30 après le buffet du dîner.

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