vers 78° nord à 2H

12 février 2004 - 5ème jour : de Stokmarknes à Skjervøy

diaporama des photos du jour - carte inter-active du jour

 

5ème jourRéveil à 7 H 30 à Harstad. Comme d'habitude ici, je pars faire un tour avant le petit-déjeuner.


 

aube sur Harstad C'est une vraie patinoire sur les quais avec la neige tassée par le passage des véhicules et finalement transformée en glace. Je me dirige plutôt vers la ville aux trottoirs mieux déneigés mais où il convient cependant de faire très attention.

Il ne fait pas très froid ce matin : 5 à 6° et la neige de la coursive du pont 5 est plus ou moins devenue de la "soupe". Comme il y a 2 ans, des gamins ont réalisé des scultures de neige sur une place à proximité du port.


 

9 H 06, nous croisons le M/S Lofoten [construit en 1964] en route vers le sud Pooooo.... Depuis Bødo, il y a beaucoup plus de passagers "sans cabines" à bord, pour la plupart des étudiant(e)s qui dorment dans le salon. Ils débarqueront pour la plupart à Tromsø après 23 H à bord. Au nord de Narvik, il n'y a pas de train ; Bødo - Tromsø par la route, c'est 562 Km ; autant prendre l'hurtigruten.

Comme d'habitude, la navigation entre Harstad et Tromsø est très "tranquille", à l'abri de la houle du large, dans les fjords et sunds entre des îles et le continent.

entre Harstad
et TromsøSur les rivages, des fermes et beaucoup de rorbuer [abris de pêcheurs] sur pilotis ; de temps en temps, un phare quand le chenal change de direction.

A Finnsnes, il y a quelques plaques de glace dérivant au fil du courant . A ce moment là, j'étais loin de penser que je n'en verrais pratiquement pas du coté de Kirkenes.


 

Navigation tranquille donc, propice à la lecture... avant l'action cet après-midi derrière 14 chiens d'attelage. A peine arrivés à Tromsø, nous sommes 8 passagers à partir pour une balade en traineau dans les collines à l'ouest de Tromsø. Nous sommes maintenant à plus de 69° de latitude nord et le crépuscule arrive très tot d'autant que le ciel est resté couvert toute la journée.

 

vers 16 H en baladeQuelques lavvos [tente sami] sont à proximité du chenil qui abrite 130 huskies. Le temps de nous équiper d'une combinaison et de bottes ad-hoc et de nous répartir sur 3 traineaux et... YEP

Je suis à l'arrière du traineau sur le patin droit alors que le musher est à ma gauche et 2 passagères dans le traineau. Au départ, il faut vraiment s'accrocher car les 14 chiens n'attendent que cette délivrance et démarrent en trombe tous ensemble.

Pour le moment, vue la configuration du terrain, je suis sur le patin amont et, lors de traversées de versants plus pentus, je "monte au rappel" pour éviter de verser dans la pente. Bien sûr, je n'ai pas demandé à être à cette place et j'ai un peu hésité, demandant s'il faut courir beaucoup et un peu sceptique quant au peu d'espace à ma disposition pour mes pieds.

Au bout de 20 mn environ, pause photos. Notre traineau est parti en dernier et pourtant, notre attelage est le plus "costaud" et le musher doit freiner quand nous nous rapprochons trop près de l'attelage nous précédant.

Effectivement, je suis un peu à l'étroit sur mon patin, toujours en appui sur la même hanche qui me titille bien sûr au bout de quelques minutes. A part ce problème, c'est assez excitant, surtout dans les descentes. Bien sûr, ce "Husky Safari" n'est qu'une toute petite approche de la conduite d'attelage, mais bon, cette balade dans la pénombre du crépuscule [cette photo est prise à 15 H 50] a un attrait certain.

Après la pause photos nous continuons à monter sur le versant de la colline pendant encore 10 à 15 mn. Je suis un peu plus à l'aise maintenant pour alterner ma jambe d'appui sur le patin.

Puis, nous entamons le retour où je me retrouve sur le patin aval et là c'est nettement moins évident sans instructions. Lors d'une traversée d'un côteau assez pentu, avec tout mon poids de corticothérapé sur le patin aval, le traineau a tendance à verser vers l'aval... cris [pas trop, quand même] des passagères du traineau quand celui-ci penche à 45 voire 50°...M'enfin !!! je me retrouve dans la neige profonde [heureusement] 10 m derrière le traineau que le musher arrête.

Il m'explique que je peux mettre un pied sur l'espèce de paillasson en caoutchouc qu'il laisse trainer, par intermittence, à l'arrière du traineau pour ralentir les chiens. Et là, nickel... je peux être en appui sur les 2 jambes simultanément, les écarter un peu... que du bonheur... même si on ne peut pas [du moins , je n'ose le faire] s'appuyer franchement sur ce "paillasson" pour ne pas trop solliciter les chiens. Ah, si le musher me l'avait expliqué et mis en pratique plus tôt !!

Nous sommes de retour au chenil et prenons une collation sous un lavvo autour d'un feu. Nous reprenons la route de Tromsø et le M/S Nordlys que nous rejoignons bien plus rapidement qu'à l'aller. En effet, contrairement à l'aller, le chauffeur est passé par des tunnels. Il y a toute une circulation souterraine à Tromsø ; nous sommes notamment passés par 2 ronds-points souterrains d'où partaient 4 "rues". A notre arrivée à bord, il fait 5° à l'extérieur.

 

Cathédrale ArctiqueCe soir, le plafond nuageux relativement bas, les lumières de la ville nous offrent une ambiance... bizarre... la Cathédrale Arctique là-bas, le pont y menant...

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