12 novembre 2005 : Cap Horn & canal de Beagle

[diaporama des photos du jour] [programme du jour] [carte du sud de la Patagonie]

 

8H05 : 10 mn après avoir doublé le Cap Horn12 novembre 2005, réveil et lever à 5H20 : en principe on est arrivé au Cap Horn vers 1H ce matin. Maintenant, nous sommes en train de faire des ronds dans l'eau sous le vent d'une île ; ça souffle pas mal ; en fait, ça décoiffe  et ça moutonne bien. J'ai l'impression que nous n'avons pas vu autant de moutons sur la mer depuis le début du voyage. Apparemment, si je me suis bien repéré par rapport à) l'image du Cap Horn que j'ai en tête, nous ne sommes par directement sous son vent mais derrière un autre petit cap situé entre notre position et le Cap Horn. Ça souffle mais le MS Nordnorge est très stable ; il n'y a que du clapot, certes important, mais pas de grosse houle... mais nous sommes sous le vent d'un promontoire et donc protégés. Je doute fort qu'il y ait un débarquement ce matin pour monter jusqu'au monument au cap-horniers sur la falaise. C'est bizarre : d'habitude, à cette heure-ci, il y a plein de monde sur la coursive extérieure du pont 5 et là, ce matin je n'y ai croisé qu'une seule personne et quelques autres dans les coursives intérieures, mais beaucoup moins que d'habitude.

Vers 7H, il y a plus de monde levé et je suis avec d'autres passagers à l'arrière du pont 5. Ça y est, le MS Nordnorge se met en route ou plutôt a arrêté de faire des ronds dans l'eau. Dès que nous nous écartons un peu de l'abri de la structure des ponts 6 et 7, il est difficile de rester debout à cause du vent. Je me suis habillé en "imperméable" de la tête aux pieds. Vers 7H40, un passager me demande de le photographier devant le Cap Horn et je lui demande de me rendre la politesse même si je trouve un peu bizarre ce Cap Horn mais bon, je me dis que selon l'angle de vue, il doit être différent... euh très différent car ce n'était pas LE Cap Horn et on doublera en fait le vrai vers 7H55 et là, il sera conforme à l'image que j'en ai en tête.

Ça "décoiffe" bien et à un moment, je m'aventure seul à l'avant du pont 5 avec mon vieil appareil numérique à la main. Ça remue pas mal et toujours, ce vent violent, très violent... Tout à l'avant du pont 5 juste sous la passerelle, quand le navire commence à virer, pendant 3 ou 4 secondes, je n'ose plus avancer ni reculer... je pense à laisser tomber mon appareil afin de pouvoir m'agripper des 2 mains à la lisse alors que le MS Nordnorge fait un mouvement de roulis bien plus important qu'à l'accoutumée et que du fait du changement de cap, je suis encore  plus exposé au vent. J'ai compris la leçon et retourne vers l'arrière. A quelques centaines de mètres du Cap Horn, nous sommes par 55°57´ sud et 67°10´ ouest et naviguons à 13,5 nœuds au 330°.  


8H25 : albatros de fer en hommage aux cap-horniersUne fois franchi le Cap Horn vers 7H55 puis vers 8H12 la Punta Espolin, petit promontoire où est construit le phare à l'est du Cap Horn, le navire es met à l'abri dans une petite baie à l'est de cette pointe, juste en face de l'escaliers qui permet d'atteindre le haut de la falaise où se situent le phare et le monument aux cap-horniers. Evidemment, il n'est pas question de mettre les PCB à l'eau pour débarquer. Après un arrêt de 15 minutes environ, le navire reprend sa route vers le nord-est et l'entrée du Canal de Beagle.

Je passe le début de la matinée à l'arrière du pont 5 [je l'aime bien cet endroit : on est dehors tout en étant bien abrité] à photographier encore et pour la dernière fois sans doute [?] les grands voiliers des airs. Je commence à avoir un peu de technique pour les suivre et les saisir au bon moment. Pourquoi j'apprécie tellement de voir les oiseaux planer dans le vent ? Sans doute l'impression de légèreté, de liberté de mouvement qu'ils donnent. Pendant les quelques heures dans une année pendant lesquelles je ne ressent aucune douleur dans mes articulations de polyarthritique, j'ai une impression de légèreté, de liberté. C'est bizarre, à chaque fois c'est pareil : ce n'est pas que je me rende compte d'emblée  que je n'ai pas mal mais je me sens léger, j'ai envie de sauter, courir et ce n'est qu'après avoir ressenti cela que je constate l'absence de douleurs... pour quelques quarts d'heure... mais bon quand la douleur habituelle revient, ce n'est pas avec la même intensité qu'au cours des premières années de la maladie ou lors des poussées... heureusement. Voilà aussi sans doute pourquoi j'aime tant assister à des spectacles de danse : légèreté, souplesse, mouvements...

10H45 après la conférence de Stefan sur la tectonique des plaques très intéressante. Ainsi, j'y ai appris que le détroit de Bransfield entre la péninsule antarctique et les Shetland du Sud s'élargit de 2 cm par an. Dehors, il y a une très belle lumière... c'est très beau.

Vers 11H, une vedette de la marine chilienne se rapproche amenant les 2 pilotes qui vont nous conduire à Puerto Montt pendant 7 jours. C'est le sabord qui permet la mise à l'eau des PCB qu'empruntent les pilotes pour monter à bord. On n'imagine pas le nombre de "portes" qu'il y a dans la coque d'un express-côtier . Sur bâbord de l'avant à l'arrière, on trouve : l'accès habituel des passagers (pont 3) puis l'accès "normal" à la cale (pont 2) pour les véhicules et les marchandises puis plus en arrière un sabord. Sur tribord, il y a : un sabord en vis-à-vis de l'accès "piétons" au pont 3, un sabord donnant sur la cale au pont 2 avec treuil sur un rail télescopique  au plafond qui permet notamment de sortir et descendre les PCB très rapidement puis plus en arrière, un autre sabord par lequel nous rejoignions les PCB par une échelle de coupée.

Ah oui, au fait, ce matin une annonce nous avait demandé de tout ranger dans les tiroirs, armoires et de bien les fermer [ou de poser nos affaires fragiles sur le sol de la cabine] avant que nous passions devant le Cap Horn. Certains passagers qui prenaient leur petit déjeuner à ce moment-là m'ont raconté les dégâts occasionnés au restaurant et en cuisine : surtout de la vaisselle cassée.


14H21 : en vue de Puerto Williams13H44 dans le Canal de Beagle où nous naviguons d'est en ouest : pendant que je déjeunais, nous sommes passés devant l'épave d'un cargo qui s'est échoué sur un récif pendant les années 70. Le pilote disait "tout est OK" et la capitaine a compris qu'il fallait passer à gauche....

Il reste encore quelques névés sur les montagnes, que ce soit au Chili [au sud du détroit] ou en Argentine [au nord]. Par contre, là-bas à l'ouest, les montagnes doivent être bien plus hautes car il y a beaucoup plus de neige ou de glace. Ciel dégagé dans le canal, juste quelques nuages élevés, mais avec un vent debout assez fort et ça moutonne bien. Sur les rives, apparemment ce sont d'anciennes moraines et on voit bien là où les berges sont "écroulées" que ce n'est pas de la roche compacte mais du gravier/sable comme dans une carrière.

Il y a des marques de navigation côté chilien ; la forêt primaire avec ses nombreuses nuances de vert descend pratiquement jusqu'au rivage. Devant nous, la vedette qui a amené les pilotes [ou une autre ??] fend la clapot, pourtant pas très important, dans de grandes gerbes d'embruns. Dans quelques minutes nous allons passer dans un goulet assez étroit avec une marque de chaque côté, nord et sud. Euh... effectivement, ce n'est pas la vedette qui a amené les pilotes qui est sur notre avant... car elle est en fait derrière nous. Le clapot est toujours là et le vent "brumise" le sommet des vagues.

14H passées : apparemment, nous sommes en vue de Puerto Williams sous un ciel rempli de nuages lenticulaires. J'ai appris à apprécier la beauté de cette sorte de nuages, assez rares en Bretagne. Lors des jours derniers, j'en ai bien profité en Antarctique. Il ne fait pas froid mais le vent de face donne une impression de fraicheur [effet windchill]. Donc, en vue de Puerto Williams, première maison faite de toles ondulées vertes, rouges, argentées, rouillées à quelques mètres au dessus du rivage. Au mpouillage devant Puerto Williams, un bac avec une rampe d'accès à l'avant et l'arrière [ou à l'arrière et l'avant  ??? vous voyez ce genre de bac symétrique... oui, c'est ça...] comme on en voit beaucoup dans les fjords norvégiens : le Baya Azul immatriculé à Valparaiso, avec des containers sur le pont. Du fait du vent fort, le MS Nordnorge n'accoste pas à terre [dommage !!!] et mouille à quelques centaines de mètres du rivage alors que des policiers [ou douaniers ??] chiliens montent à bord afin de procéder aux formalités d'entrée au Chili. Le quai de Puerto Williams ressemble aux quais norvégiens : pilotis, gros pneus.


17H46 : le phare des éclaireurs en face d16H40, ça y est, nous repartons de Puerto Williams, les formalités de police ayant duré environ 2 heures. Nous continuons donc notre navigation vers l'ouest dans le Canal de Beagle sur une mer toujours couverte de moutons... mais moins que tout à l'heure ; j'ai l'impression qu'il y a un peu moins de vent. Les montagnes de la côte argentine au nord sont nettement moins élevées que celles de la rive chilienne au sud, d'allure "alpine", du moins celles du second rang, les plus proches du canal n'étant que des collines. Par contre, devant nous vers l'ouest, les sommets des montagnes sont encore bien plus élevés et recouverts de glaciers. Et puis, toujours à l'ouest, des nuages lenticulaires... c'est drôlement beau.

Il n'y a vraiment pas beaucoup de bateaux sur le canal. La météo sur les écrans TV annonce 8 Beaufort, le ciel est pratiquement dégagé mais ça souffle toujours et ça moutonne bien pà nouveau. Nous nous sommes nettement rapprochés de la rive argentine ; le chenal semble apparemment être nettement côté argentin [va-t-il falloir refaire les formalités ???? ;o)]. Au fond à l'ouest, les montagnes nettement plus hautes me rappellebr les Lofoten... c'est d'une beauté !!! : les différents degrés de montagnes avec bien sûr, une visibilité différente pour chaque plan.

Sur la rive argentine, quelques serres bien exposées au sud ; la lumière est très belle ; c'est vraiment d'une beauté !! à droite, à gauche, devant... là, actuellement à gauche, c'est plutôt du vert... donc côté chilien... du vert... à droite, du vert aussi mais heu... le soleil est à 2 heures à peu près... donc à droite, on voit... je suppose que ce sont les embruns qui génèrent une légère brume... et en face, on dirait les Lofoten mais bon, à contre-jour dans les embruns... c'est d'une beauté avec au dessus, des nuages lenticulaires et puis... le sifflement du vent dans les structures du navire. Là, maintenant, il y a des creux de pratiquement 2 mètres avec des vagues très rapprochées.

17H30 au salon panoramique : maintenant, c'est du côté chilien que les montagnes sont nettement moins élevées. Ca y est, le phare est en vue au fond, là-bas. Je sortirai pour le photographier. Les montagnes que je comparais aux Lofoten tout à l'heure sont les montagnes qui sont situées juste au nord d'Ushuaia. L'autre jour, avant d'embarquer, on ne les voyait pas vraiment car le plafond nuageux était plus bas que leurs sommets.

Vers 17H40, nous sommes pratiquement dans le sud d'Ushuaia et je photographie le phare "Les Eclaireurs" [en français dans le texte], appelé aussi "el faro del fin del mundo" ou le phare du bout du monde, avec les montagnes de Terre de Feu en arrière plan. Le phare est presque à contre-jour mais je préfère nettement l'arrière plan actuel plutôt que celui qui sera derrière le phare, certes mieux exposé, dans quelques minutes. Quelques retouches sur l'ordinateur et zou... Il y a juste un MD qui atterrit. : ses passagers ont sûrement mieux profiter de la Terre de Feu vue du ciel que nous l'autre jour.


20H35 : 1 des glaciers de la chaine de Darwin21H dans la branche nord du Canal de Beagle : nous venons de passer devant 4 ou5 glaciers dont certains, les premier et troisième, je crois, vélaient dans le canal. Les photos n'étaient pas évidentes à faire avec un contraste ombre/lumière très important.

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