10 novembre 2005 : Deception Island & passage de Drake

[diaporama des photos du jour] [Quelques unes des photos sur une google map des Shetland du Sud] [programme du jour] [carte : Deception Island]

 

5H42 : falaise et aiguilles10 novembre 2005, 5p2 : je viens d'aller faire un p'tit tour sur le pont 5 pour 2 ou 3 photos ; grand beau temps, ciel uniformément bleu, sans nuage. Nous arrivons près d'une île et ça ne ressemble pas à l'image que je m'en faisais...  Est-ce Deception Island ? Premier réveil à 3H29 ce matin et il faisait déjà bien jour mais le soleil n'était pas encore apparu au dessus de l'horizon.


 

7 H 45 : rive nord de l'entrée de la caldeira7 H, ça y est... nous sommes dans la caldeira de Deception Island où il y a un p'tit vent... C'est plus le vent que la température de l'eau qui me fera renoncer à la baignade si ça continue comme ça souffle actuellement. Nous sommes donc restés au moins 2 heures à "faire des ronds dans l'eau" à l'est de l'île. Les falaises de roches noires, rouges oxydées sont très belles dans la lumière du matin et contrastent nettement avec les pentes plus douces et donc recouvertes de neige. Mon p'tit doigt me souffle que vous vous demandez "Pourquoi donc ce nom : Deception Island ?" Les découvreurs, à la recherche d'un lieu de mouillage abrité, furent très déçus de ne pas en trouver avant d'apercevoir l'entrée de la caldeira après pratiquement un tour complet de l'île. Voir quelques photos sur une image satellite de la base.

Le MS Nordnorge, mouille dans la baie des Baleiniers "juste à droite" après l'entrée et l'on débarque assez vite sur la grève de sable grossier et noir. Toute une bande de damiers du cap est là, à 30 ou 40 m à droite de notre point de débarquement, tout près du rivage, dans les vaguelettes du bord. Je plonge ma main dégantée... dans le sable : c'est chaud... ça devrait aller pour le jacuzzi tout à l'heure.


 

damiers du capSur la grève même, il reste des barques à demi ensablées dont seules quelques membrures émergent du sable. Il y a aussi des structures d'acier dont je n'arrive pas à définir quel pouvait être leur usage autrefois. Au dessus de la grève, une large bande de sable ou plutôt gravier noir : l'ancienne piste d'aviation avec là-bas, vers l'ouest le hangar près duquel se trouve encore un fuselage.

Au dessus de cette piste, différents quartiers de l'ancienne station baleinière encore sous la neige avec ici des réservoirs cylindriques d'une dizaine de mètres de haut, là des logements, plus loin des ateliers en bois et un peu à l'écart, au dessus, le cimetière.

Après avoir photographié les damiers du cap qui décollent simplement en ouvrant leurs ailes et "prenant" le vent, je me dirige vers la station et ensuite le hangar en bout de piste. Il y a encore pas mal de vent et l'eau de la caldeira "moutonne" de plus en plus. A droite, encore des baleinières à demi ensablées et puis... un tracteur dont on ne voit plus que le haut des roues, les garde-boue et le volant, pratiquement enseveli sous les cendres et scories d'une éruption volcanique.


 

9 H 33 : Deception Island - la baie des baleiniersJe m'élève un peu au dessus du hangar pour faire des photos de la baie, sans monter toutefois jusqu'à la crête car je n'ai pas envie d'être en retard pour le bain suivi du jacuzzi et je retourne donc vers notre point de débarquement en faisant un détour par le cimetière. Là, sur une tombe parmi des fleurs en plastique, je reconnais une petite fleur en tissu de la décoration des tables du restaurant du MS Nordnorge. On nous a pourtant bien dit de ne rien ramener ni laisser lors des débarquements à terre.

Après une progression assez pénible dans la neige profonde dont la croûte gelée cède parfois sous mes pas, j'arrive donc au point de débarquement et déjà certains passagers et membres du personnel philippin courageux se baignent... alors qu'il n'y a pas de jacuzzi : l'état de la mer, de plus en plus agitée, n'a pas permis au "staff" de construire le bassin en bordure immédiate de celle-ci. Téméraire [en ce qui concerne un bain pas très chaud soit entre 1 et 2°C] mais pas fou, je renonce à me baigner en voyant les courageux[ses] se sécher et se rhabiller le plus vite possible à l'abri du vent derrière des structures d'acier rouillées.

Le temps de me balader encore 5 minutes et la corne du MS Nordnorge retentit : ré-embarquement immédiat pour tout le monde, même ceux qui viennent à peine de débarquer. Le clapot grossit et le vent forcit de plus en plus. Comme d'habitude, je mets mon fourre-tout dans mon sac à dos que je pose entre mes pieds dans la polar cirkel boat. 20 secondes plus tard, à peine embarqué à l'arrière et sous le vent pour le retour, je me rends compte qu'il y a au moins 10 cm d'eau au fond et remonte donc mon sac  entre les genoux ; le PCB, face à la plage, embarquait par l'arrière l'eau des vagues qui s'y brisaient. L'eau a-t-elle atteint mes appareils et objectifs ??


 

retour dans la clapotPendant le retour, nous sommes très copieusement "saucés" par les embruns quand le PCB, pourtant au ralenti, tape dans le clapot d'au moins 1 m si ce n'est 1,5 m. Il faut m'imaginer recroquevillé sur mon sac, essayant de le protéger au maximum des paquets de mer qui passent au dessus des passagers d'en face. Et pourtant, nous sommes dans une baie, elle-même dans la caldeira pratiquement fermée. Manque de chance, dans cette mer agitée, le pilote du PCB rate son abordage de l'échelle de coupée située pourtant sous le vent du navire donc abrité... c'est reparti pour un tour "same player shoots again" et la seconde tentative est la bonne  !!

Nous sommes bien rincés... je monte assez vite dans ma cabine vérifier mes appareils : ouf, seul l'ancien est un peu humide mais fonctionne.

Un passager assis en face de moi, au vent dans le PCB, avait son appareils dans son sac sur son dos et a dû "rincer" prudemment et avec succès son objectif. Dans le PCB, soit on était assis au vent et on se prenait les paquets [enfin, faut pas exagérer non plus, peut-être l'équivalent d'un grand seau] dans le dos, soit on était assis sous le vent et on se prenait dans la figure les paquets de mer qui passaient entre nos vis-à vis.

Du bord, après m'être changé, j'ai assisté au retour des dernières "palanquées" : le clapot était très beau avec cette belle lumière !!


 

11 H11H30, on fait un tour dans la caldeira ; ça souffle très fort ; ça ne va pas être "triste" dehors de l'abri des montagnes de l'île. Le MS Nordnorge gîte pas mal [beaucoup ??] quand il amorce son virement pour s'aligner sur les "soufflets de Neptune", c'est à dire la sortie de la caldeira ; force 10 selon le capitaine.

La sortie est assez impressionnante et elle mérite bien son surnom ; ça siffle bien et c'est très beau, les embruns qui filent sur l'eau, le bruit.... un bon souvenir quand j'écris ces lignes. En fait, c'était sûrement un vent catabatique car dehors, le temps est bien plus calme.

14H30, nous avons entamé notre traversée du Passage de Drake et nous naviguons à 14,8 nœuds, cap au 338° par 61°42´ sud et 62°51´ ouest.

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